Convention entre actionnaires et rachat de parts
Votre convention dit que vous rachèterez les parts de votre associé s’il décède. Elle ne dit pas avec quel argent.
Par Julien Poisson · Mis à jour le 4 octobre 2026
La réponse courte
Une convention entre actionnaires prévoit ce qui arrive aux actions quand un associé décède, devient invalide, tombe gravement malade ou veut partir : qui rachète, à quel prix, dans quel délai. Sans financement prévu, la clause de rachat oblige les survivants à emprunter ou à vendre. Une assurance sur la tête de chaque associé fournit l’argent au moment exact où il le faut. La convention se rédige avec un avocat.
Deux associés, vingt ans d’amitié, une entreprise qui vaut cher. La convention a été signée à l’incorporation, copiée sur un modèle. Personne ne l’a relue depuis. La valeur de l’entreprise a triplé, et le prix de rachat écrit dedans n’a plus aucun rapport avec la réalité.
Les événements à prévoir
- Le décès.
- L’invalidité prolongée.
- La maladie grave.
- Le départ, la retraite, le divorce, la faillite personnelle.
Trois questions par événement
- Qui rachète : les autres associés, ou la société ?
- À quel prix : une formule, une évaluation, un montant révisé chaque année ?
- Avec quel argent ?
Pourquoi l’assurance
Au décès d’un associé, l’entreprise perd souvent de la valeur et la banque devient nerveuse. C’est le pire moment pour emprunter. Une assurance vie verse le montant rapidement, sans impôt. Pour la maladie grave, un montant est versé si le diagnostic répond à la définition du contrat1. Pour l’invalidité, il existe des protections conçues pour financer un rachat.
Ce qui cloche le plus souvent
- Un prix de rachat jamais mis à jour.
- Des montants d’assurance qui datent de la première année.
- Rien de prévu pour l’invalidité.
- Des bénéficiaires qui ne correspondent pas à ce que dit la convention.
La nuance
Je ne rédige pas de convention : c’est le travail d’un avocat. Mais une convention et ses assurances doivent dire la même chose, et c’est rarement vérifié. Apportez la vôtre : on compare les montants prévus avec ce qui est réellement assuré. L’écart surprend presque toujours.
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Questions fréquentes
Que se passe-t-il sans convention ?
Au décès d’un associé, ses actions vont à ses héritiers. Vous vous retrouvez en affaires avec son conjoint ou ses enfants, qui n’ont peut-être ni l’envie ni la compétence, mais qui ont des droits.
Qui devrait détenir l’assurance : la société ou les associés ?
Les deux structures existent, avec des effets fiscaux différents, notamment par le compte de dividendes en capital2. Ça se décide avec le comptable et l’avocat.
Et si mon associé devient invalide plutôt que de décéder ?
C’est le cas le plus probable et le plus souvent oublié. Une bonne convention prévoit un rachat après une certaine durée d’invalidité, et son financement.
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Julien Poisson
Conseiller en sécurité financière et conseiller en régimes d’assurance collective, Saguenay–Lac-Saint-Jean. Qui suis-je
Sources officielles (2)
- Autorité des marchés financiers, Assurance maladies redoutées (graves ou critiques). Consulté le 4 octobre 2026.
- Agence du revenu du Canada, T2054 Choix concernant un dividende en capital selon le paragraphe 83(2). Consulté le 4 octobre 2026.
Chiffres vérifiés le 4 octobre 2026, année d’imposition 2026. Toutes les sources du site.